Le 18 août, à bord de la Station spatiale internationale, Sophie Adenot a franchi le sas. Quelques secondes plus tard, elle flottait dans le vide sidéral à plus de 400 kilomètres au-dessus de la Terre — première Française de l’histoire à réaliser une sortie extravéhiculaire. Ce n’était pas une simulation, pas un entraînement dans la piscine de Cologne : c’était l’espace réel, avec ses températures oscillant entre -160 °C et +120 °C selon l’exposition au soleil.
Depuis la sélection d’Adenot par l’Agence spatiale européenne en novembre 2022, les attentes autour de cette mission n’avaient cessé de monter. La question qui se posait depuis des mois dans les salles de contrôle de l’ESA comme dans les cours d’école : à quel moment exactement franchirait-elle ce seuil symbolique, et qu’allait-elle accomplir une fois dehors ?
Le 18 août, une date qui entre dans les livres d’histoire de l’astronautique française
La France comptait déjà plusieurs astronautes masculins ayant effectué des sorties extravéhiculaires — Jean-Loup Chrétien le premier, en 1988. Il aura donc fallu près de 38 ans pour qu’une femme française franchisse à son tour ce cap. Sophie Adenot, pilote d’essai de formation et lieutenant-colonel de l’armée de l’Air et de l’Espace, n’est pas arrivée là par hasard : elle totalise des milliers d’heures de vol et une préparation de plusieurs années au Centre européen des astronautes de Cologne.
L’ESA a confirmé la date et le déroulement de la sortie dans ses communications officielles. La mission s’inscrit dans le cadre des opérations de maintenance courante de l’ISS, mais sa portée symbolique dépasse largement les travaux techniques réalisés à l’extérieur du module.
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Ce qu’une sortie extravéhiculaire implique réellement — et pourquoi c’est périlleux
Une EVA (extravehicular activity) n’a rien d’une promenade. Les astronautes portent une combinaison pressurisée pesant environ 130 kilogrammes sur Terre, conçue pour résister au vide, aux micrométéorites et aux radiations. Les gestes les plus simples — visser un boulon, déplacer un câble — deviennent des efforts physiques intenses lorsqu’ils s’effectuent avec des gants épais sous pression.
Les sorties durent en général entre six et huit heures. La fatigue musculaire s’accumule rapidement, et la désorientation spatiale guette : sans gravité, le sens du haut et du bas disparaît. La moindre erreur de procédure peut avoir des conséquences immédiates sur la sécurité de l’astronaute.
Sophie Adenot, l’astronaute qui redéfinit le visage de l’ESA
Sélectionnée parmi plus de 22 500 candidats européens lors de la campagne de recrutement de 2022, Adenot fait partie d’une nouvelle génération d’astronautes que l’ESA a voulu délibérément plus diverse. À 40 ans au moment de sa sélection, elle représente aussi un profil plus varié que le pilote de chasse traditionnel : elle est également docteure en sciences cognitives appliquées au vol.
Son parcours a suscité un intérêt considérable en France, notamment auprès des jeunes filles orientées vers les filières scientifiques. Le Centre national d’études spatiales (CNES) a accompagné sa préparation depuis Paris, en coordination étroite avec l’ESA à Cologne et la NASA à Houston.
Comment suivre la sortie en direct depuis la France
L’ESA diffuse les sorties extravéhiculaires en temps réel sur ses plateformes officielles, avec un commentaire en anglais. Le CNES relaie généralement ces retransmissions avec des explications en français, accessibles sans abonnement. Les horaires de passage de l’ISS au-dessus du territoire français sont consultables via l’outil Spot the Station de la NASA — par temps clair, la station est visible à l’œil nu comme un point lumineux traversant le ciel en moins de 6 minutes.
Pour ceux qui souhaitent suivre l’EVA avec un contexte technique, l’ESA publie avant chaque sortie un document de mission détaillant les objectifs, les outils utilisés et la chronologie prévue des opérations.
Ce que cette mission ouvre pour la suite du programme spatial européen
L’ISS doit être désorbitée d’ici 2030, selon le calendrier arrêté par les agences partenaires. La génération d’astronautes dont fait partie Adenot sera donc probablement la dernière à travailler régulièrement sur cette station. Les missions futures — vers la Gateway lunaire, voire au-delà — sont en cours de planification, et l’ESA négocie actuellement sa part dans ces programmes avec la NASA et les autres partenaires internationaux.
La sortie du 18 août n’est pas un aboutissement : c’est, pour Sophie Adenot, le début opérationnel d’une carrière qui devrait s’étendre sur les décennies les plus charnières de l’exploration spatiale habitée.
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