À bord de la Station spatiale internationale, tout se joue à quelques centimètres d’un vide absolu. Le 18 août, Sophie Adenot franchira ce seuil littéralement : l’astronaute de l’Agence spatiale européenne s’apprête à sortir de l’ISS pour réaliser la première sortie extravéhiculaire effectuée par une Française. Une combinaison pressurisée, un filin de sécurité, et l’orbite terrestre à 400 kilomètres sous ses pieds.
Si des Françaises ont voyagé dans l’espace avant elle, aucune n’avait encore accompli ce geste précis : quitter physiquement le module habité pour travailler dans le vide spatial. Ce 18 août change cette réalité, et la communauté scientifique française retient son souffle.
Sophie Adenot : le parcours d’une pionnière de l’ESA
Sophie Adenot n’est pas arrivée à ce moment par hasard. Pilote d’essai de l’armée de l’air française, recrutée par l’ESA en 2022 lors de la dernière grande sélection européenne d’astronautes, elle fait partie d’une cohorte qui a traversé des années d’entraînement intensif avant d’obtenir une place à bord de l’ISS. Son profil technique — plusieurs milliers d’heures de vol, une expertise en physiologie aéronautique — en faisait une candidate naturelle pour les missions les plus exigeantes.
Les sorties extravéhiculaires, appelées EVA dans le jargon spatial, comptent parmi les opérations les plus complexes et les plus risquées de la vie à bord de la station. Elles nécessitent des mois de préparation spécifique, notamment dans la grande piscine d’entraînement du Johnson Space Center de la NASA à Houston, où les astronautes simulent l’impesanteur en conditions quasi réelles.
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Le 18 Août à l’ISS : ce qui se passe lors d’une EVA
Une sortie extravéhiculaire dure en moyenne six à huit heures. Les astronautes revêtent leur combinaison — l’EMU américaine ou la combinaison Orlan russe — plusieurs heures avant de franchir le sas de décompression. À l’extérieur, ils évoluent le long des structures métalliques de la station, retenus par des systèmes de fixation, dans un environnement où la température oscille entre -157 °C et +121 °C selon l’exposition au soleil.
Les tâches confiées à Sophie Adenot lors de cette EVA n’ont pas encore été détaillées dans leur intégralité par l’ESA, mais elles s’inscrivent dans le programme courant de maintenance et d’entretien de l’ISS, indispensable pour prolonger la durée de vie opérationnelle de la station au-delà de 2030.
Première Française dans le Vide : ce que représente ce record
Claudie Haigneré avait été la première Française — et première Européenne — à séjourner à bord de la station Mir en 1996, puis à l’ISS en 2001. Mais elle n’avait pas réalisé de sortie extravéhiculaire. Sophie Adenot comble donc une lacune symbolique forte dans l’histoire de l’astronautique française, vingt-cinq ans après ce dernier vol habité français.
« Cette étape illustre la montée en puissance de l’ESA et la place que la France occupe dans l’exploration spatiale habitée », a déclaré le Centre national d’études spatiales (CNES) dans un communiqué publié avant la mission. L’agence française suit de près le déroulement de la mission et assure un soutien technique à l’équipage depuis son centre de Toulouse.
Suivre la Sortie en Direct : comment regarder l’EVA du 18 Août
L’ESA et la NASA diffuseront la sortie en direct sur leurs chaînes officielles. En France, le CNES et l’ESA France relayeront les images en temps réel, avec un commentaire en français prévu pour accompagner les séquences de l’EVA. Le décalage horaire avec Houston devra être pris en compte : le créneau exact de début de sortie sera confirmé dans les heures précédant l’opération, en fonction des conditions techniques à bord.
Il est conseillé de consulter les comptes officiels de l’ESA et du CNES la veille du 18 août pour obtenir l’horaire précis de la retransmission. Les images transmises depuis l’ISS parviennent au sol avec un délai infime, ce qui rend la diffusion quasi simultanée à l’action réelle.
Ce Qui Reste à Écrire dans l’Histoire Spatiale Française
Au-delà du record du 18 août, la présence de Sophie Adenot à bord de l’ISS s’inscrit dans un calendrier spatial européen chargé. L’ESA prépare activement sa participation aux missions Artemis vers la Lune, et plusieurs astronautes du groupe 2022 — dont Adenot — sont pressentis pour des missions de longue durée dans les années qui viennent.
La question de savoir si une Française marchera un jour sur la Lune reste ouverte, mais ce 18 août dans le vide orbital constitue, pour l’heure, le premier pas tangible vers cet horizon.
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